Valais
Le Valais
Région du Sanetsch
La SSG est active depuis les années septante dans la région du Sanetsch, notamment sur les lapiez de Tsanfleuron et du Lapi di Bou. Depuis quelques années d'important travaux de désobstruction fructueux ont permis de rajouter une seconde entrée au réseau du Lapi di Bou, le gouffre Nataliya (n°44).
Depuis février 2005 un groupe représentant les différents clubs travaillant sur ces massifs (SSG, GSL, GSR, SCVJ, TROG) a été créé afin de faciliter l'échange des informations, coordonner la topographie et les explorations. A court terme, plusieurs publications interclubs concernant ces massifs devraient paraître.
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Lapi di BouDepuis les années septante, la SSG travaille sur le massif du Lapi di Bou, notamment dans le gouffre n°5 ou Coudou. En 2002, le club a ajouté une nouvelle entrée, n°44 ou gouffre Natalyia et le développement a encore augmenté pour approcher les 3 kilomètres. Actuellement les travaux ont repris dans ce réseau, les 2 gouffres (n°5 et 44) sont entièrement rééquipés et l’exploration du collecteur fossile est en cours. Parallèlement, plusieurs autres clubs travaillent sur la zone (GSR, GSL, SCVJ, Troglolog) et les sorties se déroulent souvent en inter-clubs. Plusieurs gouffres sont également proches de jonctionner avec le collecteur fossile. Un texte relatant une explo sur le Lapi di Bou Lien sur les pages de nos amis du GSL consacrées au Lapi di Bou. |
TsanfleuronComme pour le Lapi di Bou, la SSG travaille sur le karst de Tsanfleuron depuis les années septante. En 2002, les explorations ont repris activement dans les zones supérieures du lapiaz proche de la Quille du Diable et à proximité de la cabane de Prarochet. Plusieurs gouffres d'une profondeur de 100 mètres sont en cours d'exploration. Parallèlement, plusieurs autres clubs travaillent sur la zone (GSR, GSL) et les sorties se déroulent souvent en inter-clubs. Lien sur les pages de nos amis du GSL consacrées à Tsanfleuron. |
Vue aérienne du karst de Tsanfleuron ©SSG G. Favre |
Exploration sur le massif du Lapi di Bou
Les 15 et 16 octobre 2005, un grand week-end pour le réseau du Lapi di Bou
Voilà 28 ans que l’on attendait ce moment ; le franchissement de l’étroiture amont du collecteur du Lapi-di-Bou et une cavalcade euphorique dans un demi-kilomètre de nouvelles galeries aux dimensions impressionnantes avec, en sus, la découverte d’une rivière active qui doit drainer une bonne partie du massif.
Ce week-end du 15 et 16 octobre 2005 tout le monde est gonflé à bloc pour forcer la maudite étroiture amont du Lapi di Bou.
Un nouvel itinéraire de progression en haut du méandre a été installé dans la première partie de la cavité. Au gré des mains courantes, des ressauts et des petits puits, la descente se déroule à travers les bancs massifs des calcaires urgoniens jusqu’à leur base au contact avec les schistes du Drusberg. La progression se poursuit, entre marnes et calcaires jusqu’au point de jonction avec le collecteur. Là, les dimensions de la cavité changent complètement. Finis les méandres rasqueux et vivent les grandes salles et la remontée parmi les blocs. On observe de très intéressantes formes de creusement phréatique au gré de la progression en amont. Par endroits, on recoupe sous terre les grandes cassures observées en surface quelques heures auparavant depuis le petit col d’accès au lapiaz. Certains passages un peu délicats sont équipés avec de petits tronçons de cordes. Un courant d’air très perceptible nous arrive maintenant de face et est le signe que des développements amont importants doivent exister.
Les premiers qui aboutissent à l’étroiture terminale restent très dubitatifs face au spectacle qui s’offre à leurs yeux. En bas du conduit phréatique cupulé, de 4m de large pour 2.5m de haut, une masse argileuse hideuse occupe le sol et le flanc droit. Une ouverture de quelques centimètres subsiste entre le plafond rocheux et une petite gouille dont la surface est agitée par des vagues provoquées par un fort courant d’air. En résumé, c’est l’horreur intégrale qui semble impassable sans ponto. Nous décidons de remplir nos kits (heureusement relativement neufs) avec l’eau et de les remonter jusqu’à un interstice où l’on peut les vider. C’est finalement environ 50 bacs ou 20 kits que nous transvasons dans cette goulotte aspirante. Heureusement l’eau ne revient pas dans la vasque d’origine. Une fois le chantier à peu près sec on se lance pour l’une des nos plus belles désobstructions et certainement l’une des plus mémorables de l’histoire de la SSG, du style de celle du fond du Trou du Gaz à Flaine. C’est l’horreur !
Finalement, après trois heures de pataugeage dans la gadoue on commence a voir les pieds d’une masse informe s’éloigner dans l’étroiture! et derrière…. Ça continue ! YAHOUUU ! Le « Tapis di Boue » est vaincu.
Religieusement au début et à tour de rôle, nous savourons cette progression horizontale facile, comme si elle n’allait se poursuivre que sur 30 ou 40 m et soudain butter sur le traditionnel obstacle.Mais, il n’en est rien et la ballade se poursuit direction Sud dans un spacieux conduit qui se développe sur une grande faille inclinée d’environ 40° vers l’Ouest. Le long de cet axe, il est possible d’avancer sur trois ou quatre niveaux différents régulièrement étagés avec 5 ou 10 m entre chaque spéléologue.
On croit rêver : on parcourt ce grand accident tectonique en avançant toujours horizontalement mais répartis sur un front incliné de parfois 30 m de largeur. Par endroits, des petits méandres très esthétiques, formés par des écoulements libres plus récents que ceux de la galerie d’origine recoupent perpendiculairement notre axe de progression. De nombreuses concrétions massives telles des stalagmites et des stalactites jalonne notre progression. Sur la gauche, à environ 80 m de l’étroiture, il y a même une espèce de château concrétionné, très joliment teinté en brun rouille par des dépôts de fer oxydé. Des petits excentriques se développent dans les plafonds. Dans l’ensemble, la hauteur varie entre 3 et 6 m, mais il est très difficile de parler de hauteur vue l’inclinaison du conduit, car sur la gauche en a toujours l’impression qu’il monte de 10 à 15 m et que cette distance correspond à la hauteur.
Dans ce contexte chacun avance fébrilement dans son niveau en espérant que c’est le bon chemin pour retrouver plus loin une section unifiée vers la suite… Après environ 200 m, la progression stoppe net et, c’est Gérald, positionné en haut à gauche de l’accident tectonique qui tombe sur la grosse suite. Immédiatement, il rallie à la voix toute l’équipe qui le rejoint en remontant les divers niveaux de la faille. Et là c’est reparti, on se croirait dans les méga-méandres des Asturies comme à « La Viera ». Une galerie de section verticale rectangulaire de 2 à 3 mètres de largeur pour 6 à 10 m de hauteur se développe horizontalement sur une cinquantaine de mètres avec quelques virages. Malgré l’importante section, on sent de face le courant d’air qui nous fouette le visage. C’est bon signe ! Le « Méandre du zef » est une dénomination qui conviendra bien à ce lieu. On débouche ensuite à la base d’un puits spacieux d’une trentaine de mètres de hauteur avec une écaille sur la droite qu’il va falloir escalader, car il nous semble que la galerie repart derrière après un virage en épingle à cheveux. À moins que la suite, ou une autre suite se situe dans le plafond.
En redescendant on avise une nouvelle galerie sur la gauche, dans le prolongement médian de la faille. Après une trentaine de mètres de progression dans une section moyenne de 2 m de hauteur pour 1 m de largeur, avec quelques passages étroits, on aboutit à plusieurs ramifications qui se développent en tous sens et dans lesquels Jo, Ludo, David et Nat se faufilent. Il y a passablement de choses à voir dans ce secteur et nous décidons de ne pas insister pour aujourd’hui. Gérald se rend alors à la continuation de la galerie « Tite Nat » et là il entend la voix de Ludo qui arrive. La boucle est bouclée, mais il reste de nombreux passages à voir en détail. On revient sur nos pas par la partie inférieure de la faille. Soudain, un orifice bien noir dans le sol nous offre la vue 10 mètres plus bas sur…une belle rivière active, débitant quelques litres par seconde en cette période d’étiage.
Pour la deuxième fois dans l’histoire du Lapi-di-Bou, on rejoint une circulation d’eau importante en profondeur. Est-ce le collecteur ? car d’après les traces sur les parois on constate qu’en période de crue le débit doit atteindre entre 100 à 500 l par seconde. Est-ce la rivière qui aboutit en bas du collecteur fossile à la « Salle de la montée à l’alpage » ? Autant de questions auxquelles nous ne pouvons répondre, mais qui nous réservent du pain sur la planche pour le futur. Sans matériel, car il est resté de l’autre côté du « Tapis-di-boue » on ne peut descendre. On suit toujours la galerie en bas de la faille à contresens et…bingo on trouve un passage qui descend et qui rejoint la rivière qui coule dans les premières couches marneuse à la base des calcaires. Malgré le temps qui passe et l’éclairage qui baisse on se laisse aspirer par ce fluide magnétique qui fascine les spéléologues. Par endroits nous observons très bien les conduits elliptiques d’origine, creusés en régime noyé dans le calcaire, et directement au dessous la galerie plus récente creusée en méandres et à l’air libre dans les marnes. Après une soixantaine de mètres, les deux creusements se séparent et l’actif cascade dans un petit puits qu’il faudra descendre. Tite Nat poursuit encore dans le fossile sur une vingtaine de mètres. C’est assez étroit mais…ça continue !
Plusieurs centaines de mètres de galeries ont ainsi été explorés. Il y a encore beaucoup de départs et du travail pour plusieurs années mais un partie du mystère est élucidée.
G. Favre (résumé L.Savoy)





